L’homme musique

Et si la musique pouvait prendre une forme humaine, ça ferait comment ?

Dans sa tête trotterai sans cesse des notes de musiques, dans son sommeil il ronflerai du jazz. Il parlerai oiseau saxophone et baleine. Il serai doux comme une berceuse qu’on chante au enfant avant d’aller dormir. Dans les cas de grandes colères, de ses lèvres sortirai du Verdi ou du Wagner, violent et terrible, dramatique et puissant comme une tornade au milieu de l’océan, puis après, le calme plat. La rivière coule tranquillement, et  lui il glisserai sur l’eau comme une plume qui, délicatement se pause sur le nez du rêveur. Il dort et l’homme musique le berce.

« Tient, c’est bizarre, se dit le dormeur, j’entends de la harpe mais dans mon rêve,  je suis dans les nuages. Ca doit être un ange ! »

Le rêveur est heureux. L’homme musique part à la recherche d’un autre être à chatouiller. Il aime faire frétiller les tympans des gens au moment ou ils s’y attendent le moins. C’est sa passion à lui : faire rêver, voyager, réconcilier, aimer, manger, rougir…. L’espace d’une croche, ca y est, les gens s’envolent avec lui et il est heureux. Il créer des mélodies infinies, sur mesure et en mesure, tout frais sorties de sa boîte à musique, la haut dans sa tête, où chantent les oiseaux. Il s’infiltre dans le tréfonds de votre être, y descelle vos folies, vos envies et jusqu’à vos plus petites lubies ! Ca peut prendre du temps mais quand il y est, quand il vous a saisit tout entier, il créer pour vous une musique qui pourra vous apaiser, vous faire danser ou bien simplement vous éclairer. Il veut rendre le monde beau, coloré et pétillant, un monde chantant, le temps d’un instant. Il sait bien que le bonheur n’est pas permanent mais plutôt  fugace comme le rire d’un enfant. L’homme musique est un puits d’imagination sans fond. Son grâle à lui c’est de planter des sourires vrais sur tous les visages gris du continent.

Un soir, il tombe nez à nez avec un homme affamé. Affolé par la vision de cette triste destiné, d’un  homme dépourvu d’amis sincères qui auraient pu le faire manger, l’homme musique décide de lui  créer un air grandiose de banquet. Il fait couler doucement  les violons, comme on ferai couler du vin dans une coupe. L’homme affamé, doucement enivré, rentre dans une douce démense et se met à danser. L’homme musique se met alors aux castagnettes et fait sortir de ces petit morceaux de bois, des courgettes aux noisette puis des rillettes, des blettes au côtelette et encore plein de mets juteux finissant en « ette ». L’homme, grâce aux vibrations qui s’emballent et tourbillonnent comme de folles farandoles, ne peut s’empêcher de rigoler en dansant comme un fou. Son souffle s’accélère, la faim s’envole, il hurle de plaisir, la musique lui fait oublier tous ses soucis. L’homme musique a réussit !! Il danse avec lui jusqu’au bout de la nuit, et aux premières lueurs de l’aube, il le dépose délicatement sur  du marbre blanc. Rêveur et transit, transit par la nuit, nuit de fête et de folie, l’homme déjà à moitié endormis  lui susurre à l’oreille ses dernière paroles :

« Merci mon ami, j’espère que nos deux âmes se recroiseront ici ou ailleurs sur une jolie symphonie. En tout cas, cette nuit fut douce comme le miel et je t’en remercie »

L’océan

L’avion blanc dessine des ronds sur le ciel bleu. Il vole à toute vitesse, l’adrénaline monte et les portes s’ouvrent. Le vent puissant nous prend dans ses bras, on saute dans le vide, sans parachute, attirés par cet abîme immense du ciel azure calme et serein. Commence alors un ballet de corps tendus par l’excitation, les bras et les jambes s’entremêlent pour former des figures asymétriques, chaotiques, monstrueusement poétiques, délicates. Dans mon rêve, j’éprouvais une sensation de liberté et de folie! Puis soudain

Le ciel se couvre, il gronde et le sang qui coulait dans ses veines se change en énergie lumineuse brûlante et pîquante. Sous les tambours du tonner, les nuages entrent en transe et suent à grosses gouttes. Une douce litanie ancestrale vient envahir l’espace, les forces éphémères de l’orages se confronte au temps, c’est brutal.  Le marin qui tranquillement voguait sur la mer, se pose sur la chaloupe, observe les flots valser et attend de perdre tout repaire. Il écoute la symphonie de l’océan qui vit, qui se mélange avec le vent pour cacher l’horizon, pour jouer avec les poissons, pour montrer au monde la puissance fatale de ses mouvements. Brave marin laisse toi porter car tu sais que la nature l’emportera toujours, après tout, tu n’es qu’une minuscule poussière de l’univers. N’aies pas peur et abandonnes toi dans le moment présent, écoute le chants des baleines, vois comme il est doux de se faire bercer par l’océan.

NUIT NOIRE

 

Alep, j’espère que dans la nuit  noire tu entendras ce doux message. Sous les flammes qui te consument et la violence qui te ravage, entend ma voix qui chante pour toi. Cette infinie douleur qui est la tienne, je la porte dans mon coeur.Je pense à ton peuple et à tes enfants qui hurlent et je rêve d’un monde où les hommes se feraient l’amour sur des champs de bataille. Alep, un jour viendra où tu renaîtras de tes cendres pour montrer au monde entier la force qui t’anime.

 

DAISY TAMBOUR

 

Jeudi 12 décembre. Grosse dispute et éclats de voix à la maison. Les nons dits m’angoissent. Le débat de ce soir : «Fanny tu dois apprendre à te recadrer sinon tu finiras encastrée dans un mur» Soit… Mesdames et messieurs, chers parents, je vais prendre l’air, ici, l’ambiance me pèse. Je claque la porte. Le froid glacial mord mes mollets et une jolie buée translucide sort de mes lèvres. Ca fait du bien d’être dehors. La nuit tombe et je me retrouve à errer sans but dans les rues de Bruxelles. Le hasard fait bien les choses, comme on dit, car au loin, j’aperçois la lumière tiède qui émane de cette salle que j’aime tant, Le Rideuax de Bruxelles. Ici c’est le QG des théatreux anarchistes, qui cultivent des radis sur leurs balcons en rêvassant d’un monde meilleur. La lumière se tamise et doucement je m’apaise. Entrent en scène trois énergumènes farfelus. Un homme gigantesque tout de rose vête fait glisser ses doigts sur un minuscule ukulélé. Une énorme dame recouverte de pâquerettes joue de la clariphone (un mélange de saxophone et de clarinette). Et le dernier, triomphant sous une touffe de cheveux hirsutes aborde une sourire malicieux. Sa voix bondit sur les notes de musiques et nous fait voyager dans un univers poétique et délicat. Il parle des petits plaisirs de la vie qui rendent heureux. Il aime aimer, il aime danset et sauter dans les flaques. J’ai passé une heure vingt en apesanteur sur un nuage de lait…

KARMA

 

Dès fois, la vie nous surprend, comme ça, soudainement. C’est ce qui me fait l’aimer encore plus. J’aime quand elle nous prend par la main et nous chuchote doucement : « Laisse moi te surprendre encore» Je vous dis ça car il m’est arrivé un truc dément. Il était une fois, Fanny, ivre de folie qui égare son mac book pro rétina ( loin d’être matériasliste, je vous situe juste la valeur de l’engin). Après des mois de recherches acharnées et bon nombre de reproches parentales sanglantes, le miracle s’est produit. Hier, 13 décembre, jour béni, un vieil homme m’appelle et m’annonce que l’ordinateur en question, il l’a retrouvé sur l’étalage d’une brocante. Alléluia. Merci le karma…